Lecture : En finir avec Johnny Bellegueule

En finir avec Johnny Bellegueule est signé Edouard Louis.  Édouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu: l’insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.  En finir avec Eddy Bellegueule  raconte l’enfance cauchemardesque d’Eddy.

Johnny Bellegueule vit dans un village du Nord de la France. Johnny vit entre son père et sa mère, entre amour et haine. Le père de Johnny est un ouvrier alcoolique, coléreux, violent, intransigeant. Sa mère est femme au foyer.

De son enfance Johnny ne garde qu’une seule phrase « De mon enfance je n’ai aucun souvenir heureux »

Johnny Belle gueule, avec un nom pareil, on imagine un dur, un garçon qui drague les filles, qui joue au foot avec les garçons de son âge. Or, le jeune Johnny est un garçon éphéminé, aux gestes précieux, et une voix fluette. Johnny aime les poupées, le théatre, les garçons.  Tout le monde se moque de Johnny, le traite d’homosexuel (de Pd), le frappe, l’insulte. Ses parents ont honte de lui.  Le jeune Johnny se tait et subit les sévices. Pour être « normal » et éloigner les soupcons, Il joue au foot, sort avec des filles, insulte les homosexuels. Rien n’y fait, Johnny est harcelé. La vie de Johnny est une épreuve, la violence,  la grossièreté accompagne ses journées. Comme par exemple, ces deux collégiens qui attendent Johnny pour le tabasser.  A chaque « attaque », Johnny  ferme les yeux et ne se plaint pas, jamais,  de peur de plus de violence.

Eddy est un garçon différent avec une personnalité difficile à assumer dans ce monde d’ouvriers. A la fin de sa scolarité au collège, un espoir nait pour Johnny, le lycée, loin de la maison, loin de la violence, et des insultes.

Edouard Louis a construit son roman en chapitres «Portrait de ma mère au matin» ,«Vie des filles, des mères et des grands-mères», et  jusqu’aux toutes dernières pages avec «La porte étroite».  Pas de jugement de la part de l’auteur, juste un récit, dur,violent, effroyable.  Edouard Louis ne se venge pas de son enfance. Il raconte.

 «Avec mon regard d’enfant, j’aurais jugé mes parents. La littérature permet de comprendre, poursuit Edouard Louis. Ce livre, ce sont presque des excuses. Il déresponsabilise les individus de leurs actes.»

 «La honte sociale a succédé à la honte sexuelle», commente Edouard Louis. «Je ne parlais pas bien, avec un accent picard très fort. Je lisais très peu de livres.»

Edouard Louis s’est choisi son nouveau nom. Il a suivi des études en sociologie à l’Ecole Normale supérieure et à l’EHESS. Ce nouveau nom marque la rupture

Un beau roman, brutal, violent, sans concession ni haine.  Un premier roman choc


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