Cinéma : (La belle saison) Rencontre avec la réalisatrice Catherine Corsini

la belle saison

A l’occasion de la sortie du film « La belle saison », j’ai eu la chance de rencontrer la réalisatrice Catherine Corsini dans les locaux du distributeur Pyramide dans le 8è à Paris

Comment en êtes-vous arrivé à démarrer ce projet ?

Catherine Corsini : Il y a eu plusieurs facteurs. En fait quand il y a eu les manifestations contre le mariage homosexuel, j’ai été assez scandalisée. Cela m’a beaucoup choqué cette violence et je me suis dit comment faire des films aujourd’hui sans parler de politique, sans parler d’engagement. Est-ce que l’on peut faire que des comédies sans qu’il y ait des polémiques. Voila je me suis questionnée et j’ai eu envie de raconter vraiment une histoire d’amour universelle.  Un peu comme l’histoire de  Roméo et Juliette on se dit qu’il faut être con d’empêcher ces deux jeunes gens de s’aimer pour cette raison. C’est presque né de cela. Je me suis dit si je raconte cette histoire aujourd’hui on va retrouver la même crispation, la même violence… essayons de déplier un peu, de mettre en perspective et de placer  ce film dans les années 70 et de montrer déjà la difficulté qu’une jeune fille peut avoir à avouer son amour. Tout le monde devrait se dire « mais c’est horrible, ne t’empêche pas »

Votre film est très sensible et sincère. Le film a-t-il un côté biographique ?

Catherine Corsini :  Oui, Je me sens très proche des deux actrices parce que j’ai vécu des choses similaires. C’est vrai que je me sens à la fois proche de Carole et proche de Delphine. Je n’ai pas été militante féministe, et en même temps je n’ai pas vécu à la campagne, je n’ai jamais conduit un tracteur de ma vie. Mais il y a des choses dans les sentiments, dans ce qui arrive aux personnages qui me sont proches. J’avais aussi envie, pour qu’il y ait une adhésion au film, qu’il y ait quelque chose de l’ordre de la sincérité même parfois la sincérité peut être de l’ordre du banal.  Si on a cette force, cette sincérité, les gens peuvent être émus et cela pourrait dépasser leur barrière et leur façon de penser. La sincérité peut apporter au film. Il a fallu aller la chercher et la trouver. C’était un travail car cela n’arrive pas comme ca, de provoquer quelque chose qui soit une vérité. C’est vrai que les actrices, je leur ai cassé les pieds par rapport à ca. Cela a été un travail assez précis.

Les deux actrices sont bluffantes, naturelles presque sans pudeur, dans le bon sens du terme, comment avez-vous réussi à obtenir ce qu’elles donnent ?

Catherine Corsini : Je me demande en fait (rire). J’avais vraiment envie de Cécile pour le rôle de Carole car c’est une actrice assez populaire et je ne voulais pas que ce film ne soit pas un film de niche mais je voulais qu’il puisse toucher un large public. Cécile a cette générosité, cette force. Elle a amené beaucoup de choses à ce personnage. Mais elle avait aussi un peu des tics, des façons de faire que j’ai bousculé. Mais Cécile lorsqu’elle fait confiance, quand elle sait qu’elle va gagner des choses, elle se laisse guider comme un modèle avec un peintre. Cela a été extrêmement important et fort pour arriver à ces scènes de nu. Elle m’a fait confiance, ainsi qu’à Jeanne Lapoirie. J’ai tourné pour la  première fois en numérique, on avait un combo etc.. et on demande aux acteurs de ne pas regarder comme si on les infantilisait. Et elle, elle pouvait venir voir. Elle a vu sur les scènes ce qui allait etre vu. Elle avait confiance. Et puis Izia elle a naturellement cette chose d’être très sincère tout de suite. Elle est comme une enfant quand elle joue. C’était très compliqué avec elle les scènes d’amour, le tournage mais en meme temps quand elle joue, c’est aussi pour cela que ca lui ait douloureux , elle n’a pas de filtre, elle y va, elle a un naturel incroyable et c’ests vrai que cela a été une chance que cela fonctionne entre elles. La magie d’un tournage, c’est vraiment l’alchimie d’un  film, il y a le scénario, l’histoire, les scènes….

La suite et la rencontre en video : (rencontre filmée par « au café des loisirs »)

 La critique du film est ici 

Merci à l’équipe de Pyramide et à l’agence Okarina, et à Claire


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