Cinéma : Le gang des Antillais, La critique

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Film réalisé par le réalisateur  Jean-Claude Barny avec Djedje Apali, Eriq Ebouaney, Adama Niane, Zoé Charron, Zita Hanrot, Vincent Vermignon, Lisa Lomi, Karim Belkhadra, Djibril Pavadé, Mathieu Kassovitz, Jocelyne Beroard, Lucien Jean-Baptiste, Romane Bohringer

Synopsis : Dans les années 70, le BUMIDOM promettait de favoriser l’insertion en métropole des français des DOM-TOM. Jimmy Larivière, arrivé à Paris pour refaire sa vie, ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec un groupe de trois jeunes Antillais va l’entraîner dans une série de braquages retentissants.

Le scénario est co-écrit par Jean-Claude Barny, Thomas Cheysson et Yves Nilly. Le film est inspiré du roman autobiographique éponyme de Loïc Léry, qu’il a écrit en prison après avoir rencontré Patrick Chamoiseau, alors éducateur et depuis récipiendaire du Goncourt pour son roman Texaco, paru en 1992.  Loïc Léry a été consultant sur le film. Le tournage du Gang des Antillais s’est déroulé de septembre à novembre 2015 à Toulouse et en Guadeloupe. Jean-Claude Barny a intégré des images d’archives dans son film.

Le gang des antillais est sorti le 30 novembre 2016. Il est distribué par Happiness Distribution. Le film est encore diffusé en salles. Il est présenté lors de festivals. Dernièrement au Festival International du Cinéma de Guadeloupe 2017 ou le réalisateur était parrain de la 23e édition. Il sera prochainement en compétition lors de la 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) . La bande annonce est ici

Le film débute sur des documents de l’époque, un discours du Général de Gaulle qui déclare devant le peuple antillais qu’ils sont français !  Il va alors mettre en place une politique d’immigration. À travers son film , le réalisateur nous rappelle (et dénonce) ce qu’est Le Bumidom. Cette loi Debré qui avait été mise en place pour faire venir les antillais, les guyannais en métropole pour occuper des emplois « ménagers ».Le Bumidom a occasionné de manière directe la venue en France, notamment en région parisienne, de 70000 personnes nées outre mer auxquelles l’administration faisait miroiter une vie meilleure et qui n’obtinrent que des emplois médiocres. La promesse faite n’a pas été remplie. Les emplois n’étaient pas ceux promis. La déception des uns s’est transformée en résignation pour d’autres ca a été la colère . Quelques-uns se sont alors rebellés en Métropole et dans les îles soit par les armes, soit à travers l’écriture. Ces français ne se reconnaissant plus dans leur propre pays.

Le film raconte cette époque à travers l’histoire de Jimmy Larivière. Un homme arrivé en France, et « abandonné » par l’Etat. Il ne va pas trouver sa place. Il va alors se retrouver braqueur avec 3 autres antillais pour pouvoir vivre et survivre. La déception et l’aigreur se ressentent . Le film se voulant aussi divertissant, Le réalisateur a voulu raconter l’histoire à travers un thriller dont il est amateur.

Jean-Claude Barny propose un film différent de ce que l’on a l’habitude de voir sur les Antilles et les antillais. Cela change des comédies et de certains rôles caricaturaux . Il y a une vraie ambiance. Les années 70 avec les décors, les costumes, les coiffures , les musiques.  Il y a des scènes vraiment sympas, comme lorsque le gang se « professionnalise », ou des plans très beaux. On regrette l’absence de scènes de braquage certainement due à des moyens financiers réduits. (le film a été difficile à financer ). On regrette aussi la voix off trop présente du personnage principal. Moi je l’ai interprétée comme une volonté du réalisateur à faire passer le message, une voix off pour bien appuyer sur les difficultés et les différents sentiments du personnage. Quelques maladresses ou des personnages qui ont une place sans vraiment en avoir une. La fin est particulièrement réussie avec les conversations entre le personnage de Patrick Chamoiseau et Jimmy

On a bien compris ce que le réalisateur veut défendre. On saisit bien ce qu’il dénonce et il appuie bien la ou ca fait mal. Les personnages sont haut en couleur, parfois violents mais jamais antipathiques.  Les acteurs ne sont pas tous familiers mais sont tous crédibles chacun dans leur rôle. Quelques visages plus connus comme Mathieu Kassovitz, Eriq Ebouaney, Zita Hanrot, Lucien Jean-Baptiste, ou encore Romane Bohringer.Le film est sincère et on sent l’implication de tous, du réalisateur aux acteurs.

La bande son est top, à écouter et à acheter sur les plateformes comme Deezer, Sportify ou encore Apple music. On y retrouve Lino, Tito Prince,  Talib Kweli et Ben L’oncle soul ( ma préférée)….

Le gang des Antillais est un cinéma entre le film d’auteur et le film de divertissement. A voir notamment pour le fond et son sujet dramatique.  Le gang des Antillais est un film qui nous concerne tous. Le cinéaste prouve que dénoncer ou se rebeller ne passent pas forcément par la force mais peut se faire par l’art et  l’écriture.  Encore projeté dans quelques salles. (Ce lundi à Créteil pour la Rp) A voir

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