Exposition : Au seuil de l’enfer, Dessins de Georges Horan-Koiransky

Institution de référence pour la préservation et la transmission de la mémoire, le Mémorial de la Shoah célèbre en 2017 les 5 ans de son site, le Mémorial de la Shoah de Drancy. À cette occasion, il présente une exposition exceptionnelle consacrée à Georges Horan-Koiransksy (1894-1986), dessinateur industriel interné dans l’enfer de Drancy.

Les 56 estampes publiées en 1947 dans son recueil Le camp de Drancy, seuil de l’enfer juif sont des documents historiques permettant d’illustrer l’internement dans ce camp majeur de la persécution des Juifs de France. Leur auteur est cependant resté ignoré, puisque son oeuvre, éditée sous pseudonyme, n’a pas rencontré le succès de son vivant et n’avait jamais été rééditée. Avec l’aide de ses proches, à l’issue d’un long travail de recherche et de documentation, le Mémorial de la Shoah de Drancy dresse enfin un véritable portrait de Georges Horan-Koiransky : ses croquis et dessins sont présentés accompagnés pour la première fois de courriers clandestins et officiels, documents administratifs et photographies, ainsi que d’extraits de son Journal d’internement inédit, écrit en 1943. L’exposition offre ainsi un « témoignage graphique » complet

Commissariat d’exposition : Karen Taieb, responsable du service des archives du Mémorial de la Shoah,
et Benoît Pouvreau, historien au Service du patrimoine culturel du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Scénographie : Gaëlle Seltzer. Graphisme : Pauline Gruffaz

 

 

Exposition, du 17 septembre 2017 au 15 avril 2018 – Mémorial de la Shoah, Drancy – 110-112 avenue Jean-Jaurès 93700 Drancy 

 

A propos de Georges Koiransky : Georges Koiransky, né à Saint-Pétersbourg (Russie) le 25 novembre 1894, arrive avec sa famille à Paris en 1900. Naturalisé français en 1925, il devient dessinateur industriel chez l’aviateur Farman. Arrêté le 11 juillet 1942, Georges Koiransky est interné au camp de Drancy le 12 juillet. Il découvre très rapidement la réalité de ce camp, faite de misères et de tensions, de malnutrition et de désœuvrement. Très vite remarqué pour son aptitude au dessin, Georges Koiransky fait la connaissance de René Blum, frère cadet de Léon, autorité morale du camp, interné depuis décembre 1941. René Blum lui demande de dessiner pour témoigner en images de ce qu’ils vivent et pour accompagner un texte qu’il souhaite écrire. Ensemble, ils réunissent les preuves
du crime en cours, transcrivent l’histoire du camp grâce aux souvenirs des internés d’août 1941 encore présents. Tout ce qu’il voit, il le dessine. Grâce à la mobilisation de ses proches, Georges Koiransky est finalement déclaré « non juif » le 25 janvier 1943 et libéré du camp de Drancy le 13 mars 1943. Très vite, il écrit son Journal pour se « libérer ». Il se fait alors appeler Georges Horan, se confectionne des faux papiers et noue des contacts avec la Résistance (les mouvements Libération-Nord et Front national). Il aurait aussi participé à la Libération de Paris. Parallèlement, il poursuit son projet de recueil de dessins consacré au camp de Drancy et se résout à le mener à bien sans René Blum, mort à à Auschwitz en septembre 1942. Georges Koiransky édite l’ouvrage à compte d’auteur sous le titre Le camp de Drancy, seuil de l’enfer juif. Celui-ci ne se vend pas et reçoit peu d’échos. Dans les années 1970 et 1980, son œuvre connaît un regain d’intérêt. Georges Horan-Koiransky meurt le 25 décembre 1986 à Boulogne-Billancourt.

 

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