« nouvelle génération : la bande dessinée arabe aujourd’hui » au musée de la BD d’Angoulême

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Le musée de la Bande dessinée d’Angoulême présente à partir du 25 janvier « nouvelle génération : la bande dessinée arabe aujourd’hui« 

De la bande dessinée arabe, que connaît le lecteur européen ?
Peu de choses. Et pourtant, elle existe. Elle a une histoire, longue et riche, jalonnée
de grands classiques, de courants esthétiques, d’écoles. Génération après génération,
elle a évolué, s’est adaptée au goût du public, et aussi, selon les pays, à des situations
politiques parfois compliquées. De cela, nous qui vivons au nord de la Méditerranée,
nous ignorons presque tout.
Mais cela peut changer et, à vrai dire, est en train de changer. Car depuis près
d’une décennie, de jeunes auteurs, dans cette immense région qui va du Maroc à l’Irak,
font bouger les choses. Comme souvent, c’est de la marge qu’ils viennent.
Avec une énergie énorme et des moyens réduits, cette nouvelle génération innove
et bouscule.

Qui sont ces jeunes auteurs ?

Comptant nombre de femmes dans ses rangs, cette vague d’artistes trentenaires est
souvent constituée en collectifs (Samandal au Liban, TokTok en Egypte, Skefkef au Maroc, Lab619 en Tunisie…), même si quelques solitaires travaillent aussi dans leur coin.
Tous témoignent avec force, humour, acuité et parfois rage de la situation dans chacun
de leurs pays. Ils ont tous un autre métier : certains sont peintres, d’autres musiciens, beaucoup travaillent dans la presse, l’édition jeunesse, la publicité… même si le papier reste leur support de référence, ils investissent massivement Internet et les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs là qu’ils se sont d’abord connus et dénombrés, qu’ils échangent entre eux et avec leur public, à partir de leur ancrage local.

Comment travaillent-ils ?

On les considère comme une des conséquences des fameux Printemps Arabes.
C’est sans doute vrai, bien que quelques auteurs aient précédés ces changements
et les aient en quelque sorte annoncés. Certains (Comixs 4 Syria) continuent même
d’en témoigner dans des circonstances tragiques et au péril de leurs vies.
Eloignés des cercles officiels et des circuits de vente traditionnels (de surcroit très différents selon les pays), ces auteurs évoquent le quotidien des grandes villes en employant les arabes dialectaux plutôt que l’arabe classique, dans une démarche implicitement politique. Ils explorent également les récits de l’intime avec une audace que nous ne soupçonnons pas. Dépeindre des sentiments, montrer la sensualité, c’est aussi prendre des risques. Ils expérimentent dans la forme, mêlant la tradition du dessin arabe aux esthétiques des bandes dessinées occidentales, des mangas, du street art…

De cette scène effervescente, l’exposition présente près de cinquante auteurs provenant
d’Algérie, Egypte, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie.
Un catalogue multilingue (Alifbata éd.) accompagne et complète cette immersion
dans une production qui renouvelle puissamment la manière de faire de la bande dessinée – et de la lire.

 

Le parcours

Déployée dans trois salles du musée de la bande dessinée, l’exposition Nouvelle génération la bande dessinée arabe aujourd’hui se présente comme une promenade géographique, à la fois didactique et rêveuse. Elle met en avant les collectifs d’auteurs, fers de lance du renouveau de la bande dessinée arabe contemporaine.
Entre papier et palette graphique, cette nouvelle génération ne choisit pas ; l’exposition
montre des originaux encadrés aussi bien que des pages consultables sur tablettes
et /ou écrans interactifs.

La scénographie met en avant les interprétations graphiques des décors dans lesquels les
auteurs évoluent, au premier rang desquels les décors urbains, omniprésents dans leurs
productions. Regroupant les auteurs membres des collectifs, l’exposition permet également de découvrir les créateurs solitaires.

Un parcours enfants permet aux plus jeunes de se familiariser avec cette production
nouvelle, ouverte à toutes les influences des traditions étrangères, mais aussi des arts
de la rue, de la télévision, des jeux vidéo…

Désireux de faire connaître la nouvelle bande dessinée arabe, les coproducteurs
de cette opération ont souhaité que l’exposition circule partout, dans le monde arabe,
et ailleurs dans le monde. C’est ainsi qu’une version itinérante de l’exposition est d’ores
et déjà disponible et suscite l’intérêt de nombreuses institutions culturelles de la zone du monde arabe »

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